A B C D E F G H I L M N O P Q R S T U V

Argent (salariat, – et émancipation sociale)

Chi-Ying gagne, en travaillant à l’usine, sept ou huit fois plus que ne gagne son père à la maison, mais l’argent n’est pas la motivation principale qui l’a poussée à quitter son village. Chi-Ying est surtout parvenue ainsi à retarder son mariage. Et finalement elle a décidé de ne pas accepter le mari que ses parents avaient choisi pour elle. Avec son salaire, elle a remboursé au jeune homme les cadeaux qu’il avait offerts à ses parents. A la ville, elle se sent moderne, libre et jeune. […] Chi-Ying compare sa vie avec celles de sa mère et de sa grand-mère. La différence la plus frappante, pour elle, n’est pas l’argent mais l’ouverture sur le monde. Maman et Mamie n’ont jamais eu leur propre travail, ni leur propre argent. […]

Le paradoxe, bien sûr, est que le travail exténuant dans la production de textile et de vêtements, les couvre-feux, les dortoirs fermés à double tour, les passages aux toilettes minutés, les quotas de production, l’assistance obligatoire aux services religieux, les hautes clôtures […] font aussi partie de la libération économique et de la conquête de l’autonomie de ces femmes.

Pietra Rivoli, Les aventures d’un tee-shirt dans l’économie globalisée (2007), Fayard

Questions :

  1. Quelle a été la motivation première de Chi-Ying pour travailler en usine ?

  2. Le travail en usine présente-t-il des avantages en Chine ?

  3. L’auteure de l’article nie-t-elle la réalité des conditions de travail en Chine ? Justifiez votre réponse.

Aristocratie

Le grandiose des châteaux et des palais aristocratiques, le luxe de leurs détails, la somptuosité constante des ameublements, l’aire dans laquelle s’y meut sans gêne, et sans éprouver de froissement, l’heureux propriétaire, riche avant de naître ; puis l’habitude de ne jamais descendre au calcul des intérêts journaliers et mesquins de l’existence, le temps dont il dispose, l’instruction supérieure peut prématurément acquérir ; enfin les traditions patriciennes qui lui donnent des forces sociales que ses adversaires compensent à peine par des études, par une volonté, par une vocation tenaces ; tout devrait élever l’âme de l’homme qui, dès le jeune âge, possède de tels privilèges, lui imprimer ce haut respect de lui-même dont la moindre conséquence est une noblesse de cœur en harmonie avec la noblesse du nom.

Honoré de Balzac, La duchesse de Langeais (1834), Le livre de poche, p40

Ascension sociale

Un point de vue critique sur les rêves de réussite sociale qui servent de « carotte » aux travailleurs :

Il ne faut jamais s’approcher d’un endroit où les gens travaillent. Pour peu qu’on traîne dans les parages, on risque de se faire prendre au piège. « Hé, dépêchez-vous donc d’attraper ça ! » Sûrement pas. Pourquoi le ferais-je ? Je ne serais pas payé. On accroche dans tous les bureaux et dans toutes les usines une affiche qui vous incite à en faire plus. L’explication vous est fournie sur un tract distribué sur les lieux de travail : « Fais-en plus ! Si aujourd’hui tu en fais plus que ce qu’on te demande, si tu travailles plus que ce pour quoi tu es payé, on te revaudra ça un jour. »

Personne n’a encore pu m’avoir de cette manière. C’est pourquoi je ne suis pas devenu non plus le directeur général de la Pacific Railway and Steamship Inc. On lit régulièrement dans les magazines et les suppléments dominicaux des journaux – et, d’ailleurs, les gens qui ont réussi le savent bien – que, grâce à cette surcharge de travail volontaire, qui dénote ambition, zèle et désir de pouvoir commander, plus d’un simple ouvrier est devenu directeur général ou milliardaire, et que quiconque suit consciencieusement cette voie pourra lui aussi accéder au poste de directeur général. Mais les postes de directeur général et de milliardaire ne sont pas si nombreux en Amérique. Je risque donc de travailler toujours plus pendant trente ans, sans pour autant toucher davantage, tout ça parce que je suis censé devenir directeur général. Si je demande un beau jour : « Alors, il n’y a toujours pas de poste de directeur général à prendre ? » On me répondra : « Désolé, pas pour l’instant, mais nous vous avons remarqué, continuez encore à travailler aussi assidûment, nous ne vous perdrons pas de vue. » Autrefois on disait : « Chacun de mes soldats porte un bâton de maréchal dans son havresac », aujourd’hui on dit : « Chacun de nos ouvriers et employés peut devenir directeur général. » Dans ma jeunesse j’ai vendu des journaux à la criée, ciré des bottes et, dès l’âge de sept ans, j’ai dû gagner ma pitance, mais jusqu’à présent je ne suis pas encore devenu directeur général ou milliardaire. Les journaux que vendaient ces milliardaires dans leur jeunesse et les bottes qu’ils ciraient devaient être bien différents de ceux auxquels j’avais eu affaire.

La nuit, quand tout est calme et qu’on scrute l’horizon, de drôles d’idées vous passent par la tête. Je me suis déjà imaginé ce qui se serait produit si les soldats de Napoléon avaient soudain, tous ensemble, sorti leur bâton de maréchal de leur havresac. Qui chauffe donc les rivets dans une chaudronnerie ? Les directeurs généraux récemment distingués, bien entendu. Qui d’autre ? Il ne reste plus personne qui pourrait le faire, et le chaudron doit bien être fabriqué, la bataille livrée, sinon on n’aurait besoin ni de directeurs généraux ni de maréchaux. La foi remplit d’or des sacs vides, transforme les fils de charpentier en dieux, et les lieutenants d’artillerie en empereurs dont le nom resplendit des siècles durant. Inspire de la foi aux hommes et, à coups de bâton, ils chasseront leur Dieu du ciel pour t’introniser. Si la foi déplace les montagnes, c’est l’incroyance qui brise les chaînes des esclaves.

B. Traven, Le vaisseau des morts (1926), La découverte pp133-134

Quelques bonnes illustrations des effets soudains que peuvent avoir les bouleversements individuels sur les trajectoires sociales des individus.

                       => Lacombe Lucien (1974) de Louis Malle

                       => personnage de Joseph dans Au revoir les enfants (1987)

Autorité légale-rationnelle (Soumission à) – Max Weber

Portrait d’un individu « niais », complètement soumis aux titres et à l’autorité bureaucratiques. Poiret et Michonneau sont deux membres de la pension Vauquer, personnages médiocres et antipathiques. Monsieur Gondureau est le chef de la Sûreté, c à d de la police.

Chacun comprendra mieux l’espèce particulière à laquelle appartenait Poiret, dans la grande famille des niais, après une remarque déjà faite par certains observateurs, mais qui jusqu’à présent n’a pas été publiée. Il est une nation plumigère, serrée au budget entre le premier degré de latitude qui comporte les traitements de douze cents francs, espèce de Groënland administratif, et le troisième degré, où commencent les traitements un peu plus chauds de trois à six mille francs, région tempérée, où s’acclimate la gratification, où elle fleurit malgré les difficultés de la culture. Un des traits caractéristiques qui trahit le mieux l’infirme étroitesse de cette gent subalterne, est une sorte de respect involontaire, machinal, instinctif, pour ce grand lama de tout ministère, connu de l’employé par une signature illisible et sous le nom de SON EXCELLENCE MONSEIGNEUR LE MINISTRE, cinq mots qui équivalent à l’Il Bondo Cani du Calife de Bagdad 1, et qui, aux yeux de ce peuple aplati, représente un pouvoir sacré, sans appel. Comme le pape pour les chrétiens, monseigneur est administrativement infaillible aux yeux de l’employé ; l’éclat qu’il jette se communique à ses actes, à ses paroles, à celles dites en son nom ; il couvre tout de sa broderie, et légalise les actions qu’il ordonne ; son nom d’Excellence, qui atteste la pureté de ses intentions et la sainteté de ses vouloirs, sert de passeport aux idées les moins admissibles. Ce que ces pauvres gens ne feraient pas dans leur intérêt, ils s’empressent de l’accomplir dès que le mot Son Excellence est prononcé. Les bureaux ont leur obéissance passive, comme l’armée a la sienne : système qui étouffe la conscience, annihile un homme, et finit, avec le temps, par l’adapter comme une vis ou un écrou à la machine gouvernementale. Aussi monsieur Gondureau, qui paraissait se connaître en hommes, distingua-t-il promptement en Poiret un de ces niais bureaucratiques, et fit-il sortir le Deus ex machinâ, le mot talismanique de Son Excellence, au moment où il fallait, en démasquant ses batteries, éblouir le Poiret, qui lui semblait le mâle de la Michonneau, comme la Michonneau lui semblait la femelle du Poiret.

-  Du moment où Son Excellence elle-même, Son Excellence Monseigneur le ! Ah ! c’est très-différent, dit Poiret.

Honoré de Balzac, Le père Goriot (1834), Le livre de poche, pp195-196

Note :

1 le Calife de Bagdad est un opéra comique en un acte de François Adrien Boieldieu. La première eut lieu à l’Opéra-Comique le 16 septembre 1800 et sa popularité gagna bientôt toute l’Europe. Isaoun, le calife de Bagdad s’est déguisé pour pouvoir parcourir les rues de la ville librement, sous le pseudonyme de Il Bondocani.

Autorité traditionnelle

Mais là, le cas était différent. Les Hohenfels faisaient partie de notre histoire. Il est vrai que leur château, situé entre Hohenstaufen, le Teck et Hohenzollern, était en ruine et que ses tours détruites laissaient à nu le cône de la montagne, mais leur célébrité était encore vivace. Je connaissais leurs exploits aussi bien que ceux de Scipion l’Africain, d’Hannibal ou de César. Hildebrandt von Hohenfels était mort en 1190 en essayant de sauver Frédéric Ier de Hohenstaufen, le grand Barberousse, de la noyade dans le Cydnus en Asie Mineure, rivière au courant rapide. Anno von Hohenfels était l’ami de Frédéric II, le plus magnifique des Hohenstaufen, Stupor Mundi ; il l’avait aidé à écrire De arte venandi cum avibus et mourut à Salerne en 1247 dans les bras de l’empereur. (Son corps repose encore à Catane, dans un sarcophage de porphyre supporté par quatre lions). Frédéric von Hohenfels, inhumé à Kloster Hirschau, fut tué à Pavie après avoir fait prisonnier le roi de France, François Ier. Waldemar von Hohenfels tomba à Leipzig. Deux frères, Fritz et Ulrich, périrent à Champigny en 1871, d’abord le plus jeune, puis l’aîné en essayant de le mettre en lieu sûr. Un autre Frédéric von Hohenfels fut tué à Verdun.

Et là, à quelque cinquante centimètres de moi, était assis un membre de cette illustre famille de Souabe, partageant la même salle que moi, sous mes yeux observateurs et fascinés. Le moindre de ses mouvements m’intéressait : sa façon d’ouvrir son cartable ciré, celle dont il disposait, de ses mains blanches et d’une irréprochable propreté (si différentes des miennes, courtes, maladroites et tachées d’encre), son stylo et ses crayons bien taillés, celle dont il ouvrait et fermait son cahier. Tout en lui éveillait ma curiosité : le soin avec lequel il choisissait son crayon, sa manière de s’asseoir – bien droit, comme si, à tout moment, il dût avoir besoin de se lever pour donner un ordre à une armée invisible – et celle de passer sa main dans ses cheveux blonds. […] J’observais son fier visage aux traits joliment ciselés et, en vérité, nul adorateur n’eût pu contempler Hélène de Troie plus intensément ou être plus convaincu de sa propre infériorité. Qui donc étais-je pour oser lui parler ? Dans quels ghettos d’Europe mes ancêtres avaient-ils croupi quand Frédéric von Hohenstaufen avait tendu à Anno von Hohenfels sa main ornée de bagues ? Que pouvais-je donc, moi, fils d’un médecin juif, petit-fils et arrière-petit-fils d’un rabbin et d’une lignée de petits commerçants et de marchands de bestiaux, offrir à ce garçon aux cheveux d’or dont le seul nom m’emplissait d’un tel respect mêlé de crainte ?

[…] Qu’avait-il, lui, Conrad von Hohenfels, de commun avec moi, Hans Schwarz, dépourvu d’assurance et de grâce mondaine ?

[…] tous étaient silencieux et gênés en sa présence, lui laissant le passage chaque fois qu’il se levait et où qu’il allât. Ils semblaient, eux aussi, être sous un charme.

[…] Et pourtant, les garçons semblaient avoir peur de lui. Je ne puis que supposer que c’était le mythe des Hohenfels qui, ainsi que moi, les rendait timides et les embarrassait.

Fred Uhlman, L’ami retrouvé (1971), Édition France Loisirs, pp24-29

Besoin primaire / Besoin secondaire

Acte II, Scène 3

Lelio débarque à Marseille avec Arlequin, «sauvage» américain dont il veut voir « la nature toute simple opposée aux lois, aux arts et aux sciences ». Arlequin est vite confronté en effet à des mœurs qui ne cessent de le surprendre. Il détrousse ainsi un marchand en ignorant qu’il convenait de le payer. Emmené par un archer, il est sauvé par Lelio, qui entreprend de lui expliquer les bons usages.

LELIO : […] Il y a deux sortes de gens parmi nous, les riches et les pauvres. Les riches ont tout l’argent, et les pauvres n’en ont point.

ARLEQUIN : Fort bien.

LELIO : Ainsi, pour que les pauvres en puissent avoir, ils sont obligés de travailler pour les riches, qui leur donnent de cet argent à proportion du travail qu’ils font pour eux.

ARLEQUIN : Et que font les riches tandis que les pauvres travaillent pour eux ?

LELIO : Ils dorment, ils se promènent, et passent leur vie à se divertir et à faire bonne chère.

ARLEQUIN : Cela est bien commode pour les riches.

LELIO : Cette commodité que tu y trouves fait souvent tout leur malheur.

ARLEQUIN : Pourquoi ?

LELIO : Parce que les richesses ne font que multiplier les besoins des hommes. Les pauvres ne travaillent que pour avoir le nécessaire; mais les riches travaillent pour le superflu, qui n’a point de bornes chez eux, à cause de l’ambition, du luxe et de la vanité qui les dévorent; le travail et l’indigence naissent chez eux de leur propre opulence.

ARLEQUIN : Mais, si cela est ainsi, les riches sont plus pauvres que les pauvres mêmes, puisqu’ils manquent de plus de choses.

LELIO : Tu as raison.

Delisle de la Drevetière, L’Arlequin sauvage (1721)

Bobos – Bourgeois bohèmes

Chanson Les Bobos :                       Renaud – album Rouge sang (2000)

On les appelle bourgeois bohêmes
Ou bien bobos pour les intimes
Dans les chanson d’Vincent Delerm
On les retrouve à chaque rime
Ils sont une nouvelle classe
Après les bourges et les prolos
Pas loin des beaufs, quoique plus classe
Vais vous en dresser le tableau
Sont un peu artistes c’est d’jà ça
Mais leur passion c’est leur boulot
Dans l’informatique, les médias
Sont fiers d’payer beaucoup d’impôts

Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos

Ils vivent dans les beaux quartiers
Ou en banlieue mais dans un loft
Ateliers d’artistes branchés,
Bien plus tendance que l’avenue Foch
Ont des enfants bien élevés,
Qui ont lu le Petit Prince à 6 ans
Qui vont dans des écoles privées
Privées de racaille, je me comprends

ils fument un joint de temps en temps,
font leurs courses dans les marchés bios
Roulent en 4×4, mais l’plus souvent,
préfèrent s’déplacer à vélo

Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos

Ils lisent Houellebecq ou Philippe Djian,les Inrocks et Télérama,
Leur livre de chevet c’est Cyoran
Près du catalogue Ikéa.
Ils aiment les restos japonais et le cinéma coréen
passent leurs vacances au cap Ferret
La Côte d’Azur, franchement ça craint
Ils regardent surtout Arte
Canal plus, c’est pour les blaireaux
Sauf pour les matchs du PSG
et d’temps en temps un p’tit porno

Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos

Ils écoutent sur leur chaîne hi-fi
France Info toute la journée
Alain Bashung Françoise Hardy
Et forcement Gérard Manset
Ils aiment Desproges sans même savoir
que Desproges les détestait
Bedos et Jean-Marie Bigard,
Même s’ils ont honte de l’avouer
Ils aiment Jack Lang et Sarkozy
Mais votent toujours Ecolo
Ils adorent le Maire de Paris,
Ardisson et son pote Marco

Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos

La femme se fringue chez Diesel
Lui c’est Armani ou Kenzo
Pour leurs cachemires toujours nickels
Zadig & Voltaire j’dis bravo
Ils fréquentent beaucoup les musées,
Les galeries d’art, les vieux bistrots
Boivent de la manzana glacée en écoutant Manu Chao
Ma plume est un peu assassine
Pour ces gens que je n’aime pas trop
Par certains côtés, j’imagine…
Que j’fais aussi partie du lot

Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos

Bonheur

Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur ! Avec votre vie qu’il faut aimer coûte que coûte. On dirait des chiens qui lèchent tout ce qu’ils trouvent. Et cette petite chance pour tous les jours, si on n’est pas trop exigeant. Moi je veux tout, tout de suite, – et que ce soit entier – ou alors je refuse ! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d’un petit morceau si j’ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd’hui et que cela soit aussi beau que quand j’étais petite – ou mourir.

Jean Anouilh, Antigone (1944)

Bourgeoisie

Chanson Camarade bourgeois – Renaud ; Album Amoureux de Paname (1975)

 

Camarade bourgeois,
Camarade fils-à-papa,
La Triumph en bas d’chez toi
Le p’tit chèque en fin de mois
Regarde-toi ah ah ah
Regarde-toi ah ah ah
Camarade bourgeois,
Camarade fils-à-papa,
T’as vraiment pas l’air con,
Quand tu sors le dimanche
Ton petit complet veston
Et ta chemise blanche
Regarde-toi ah ah ah
Regarde-toi ah ah ah

Camarade bourgeois,
Camarade fils-à-papa,
Tu roules en Ferrari
Ou en Lamborghini,
Tu roules des épaules,
Tu te crois super drôle,
Regarde-toi ah ah ah
Regarde-toi ah ah ah

Camarade bourgeois,
Camarade fils-à-papa,

Je sais, ton père est patron,
Faut pas en faire un complexe,
Le jour d’la révolution,
On lui coupera qu’la tête.
Regarde-toi ah ah ah
Regarde-toi ah ah ah

Camarade bourgeois,
Camarade fils-à-papa,
Tu passes ton temps au drugstore
Sur les Champs-Elysées
Tu te crois très très fort,
T’es jamais qu’un minet.
Regarde-toi ah ah ah
Regarde-toi ah ah ah

Camarade bourgeois,
Camarade fils-à-papa,
Rejoins les rangs de la pègre,
Tu prendras vraiment ton pied,
Ne sois plus une petite péd’,
Nous sommes tous des défoncés,
Regarde-moi ah ah ah
Regarde-moi ah ah ah
Regarde-moi ah ah ah
Regarde-moi ah ah ah

 

Voir aussi Classes sociales