A B C D E F G H I L M N O P Q R S T U V

Effet d’âge

La plupart des jeunes gens perdent leur plus précieuse fortune, le temps nécessaire pour se créer des relations qui sont la moitié de la vie sociale ; comme ils plaisent par eux-mêmes, ont peu de choses à faire pour qu’on s’attache à leurs intérêts ; mais ce printemps est rapide, sachez le bien employer. Cultivez donc les femmes influentes. Les femmes influentes sont les vieilles femmes, elles vous apprendront les alliances, les secrets de toutes les familles, et les chemins de traverse qui peuvent vous mener rapidement au but. Elles seront à vous de cœur ; la protection est leur dernier amour quand elles ne sont pas dévotes ; elles vous serviront merveilleusement, elles vous prôneront et vous rendront désirable. Fuyez les jeunes femmes ! Ne croyez pas qu’il y ait le moindre intérêt personnel dans ce que je vous dis. La femme de cinquante ans fera tout pour vous et la femme de vingt ans rien, celle-ci veut toute votre vie, l’autre ne vous demandera qu’un moment, une attention. Raillez les jeunes femmes, prenez d’elles tout en plaisanterie, elles sont incapables d’avoir une pensée sérieuse. Les jeunes femmes, mon ami, sont égoïstes, petites, sans amitié vraie, elles n’aiment qu’elles, elles vous sacrifieraient à un succès. D’ailleurs, toutes veulent du dévouement, et votre situation exigera qu’on en ait pour vous, deux prétentions inconciliables. Aucune d’elles n’aura l’entente de vos intérêts, toutes penseront à elles et non à vous, toutes vous nuiront plus par leur vanité qu’elles ne vous serviront par leur attachement ; elles vous dévoreront sans scrupule votre temps, vous feront manquer votre fortune, vous détruiront de la meilleure grâce du monde. Si vous vous plaignez, la plus sotte d’entre elles vous prouvera que son gant vaut le monde, que rien n’est plus glorieux que de la servir. Toutes vous diront qu’elles donnent le bonheur, et vous feront oublier vos belles destinées : leur bonheur est variable, votre grandeur sera certaine. Vous ne savez pas avec quel art perfide elles s’y prennent pour satisfaire leurs fantaisies, pour convertir un goût passager en un amour qui commence sur la terre et doit se continuer dans le ciel. Le jour où elles vous quitteront, elles vous diront que le mot je n’aime plus justifie l’abandon, comme le mot j’aime excusait leur amour, que l’amour est involontaire. Doctrine absurde, cher ! Croyez-le, le véritable amour est éternel, infini, toujours semblable à lui-même ; il est égal et pur, sans démonstrations violentes ; il se voit en cheveux blancs, toujours jeune de cœur. […] Toute jeune femme qui va dans le monde, qui vit de plaisirs et de vaniteuses satisfactions, est une femme à demi corrompue qui vous corrompra. Là, ne sera pas la créature chaste et recueillie dans l’âme de laquelle vous régnerez toujours. […] songez, quelle que soit la perfection de cet amour, que dans une vallée vivra pour vous une mère de qui le cœur est si creusé par le sentiment dont vous l’avez rempli, que vous n’en pourrez jamais trouver le fond. Oui, je vous porte une affection dont l’étendue ne vous sera jamais connue : pour qu’elle se montre ce qu’elle est, il faudrait que vous eussiez perdu votre belle intelligence, et alors vous ne sauriez pas jusqu’où pourrait aller mon dévouement. Suis-je suspecte en vous disant d’éviter les jeunes femmes, toutes plus ou moins artificieuses, moqueuses, vaniteuses, futiles, gaspilleuses ; de vous attacher aux femmes influentes, à ces imposantes douairières, pleines de sens comme l’était ma tante, et qui vous serviront si bien, qui vous défendront contre les accusations secrètes en les détruisant, qui diront de vous ce que vous ne pourriez en dire vous-même ?

Honoré de Balzac (1836) Le lys dans la vallée,

Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, pp896-898

Effet de génération

 


 

Chanson Les filles de 1973 ont trente ans de Vincent Delerm – Album Kensington Square

Celles qui ont vu trois fois Rain Man
Celles qui ont pleuré Balavoine
Celles qui faisaient des exposés
Sur l’apartheid et sur le Che
Celles qui ont envoyé du riz
En Éthiopie, en Somalie
Celles qui disaient “tu comprends pas”



Les filles de 1973 ont trente ans lalalala
Les filles de 1973 ont trente ans lalalala



Celles qui mettaient des Bandanas
Et des t-shirts Best Montana
Celles qui ont porté les baskets
Reebook de Rosanna Arquette
Celles qui fabriquaient des bracelets
Brésiliens pendant l’heure d’anglais
Celles qui disaient “Eric Serra”



Les filles de 1973 ont trente ans lalalala
Les filles de 1973 ont trente ans lalalala



Celles qui pratiquaient des suçons
Dans le cou de Thierry Caron
Celles qui fusillaient au Blanco
Les tables du Lycée Carnot
Celles qui disaient “Madame, c’est vrai
On n’a rien compris au sujet”
Celles qui s’appelaient
Estelle Gallois, Katia Boucage,
Sandrine Leprince, Fabienne Lesage,
Marianne Artance, Elise Dufard, Myriam Blanchevin



Les filles de 1973 ont trente ans lalalala
Les filles de 1973 ont trente ans lalalala



Celles qui ont vu trois fois
Rain Man
Celles qui ont pleuré Balavoine

 


 


Une variante existe, pour les natives de 1976, avec quelques marqueurs générationnels nouveaux.


 

 


Chanson Les filles de 1976 ont trente ans de Vincent Delerm – Concert à La Cigale (2008)

 

Celles qui ont vu Bagdad Café

Jean-Michel Jarre, stroboscopé

Celles qui ont crié « Debré si tu savais ta loi où on s’la met ! »

Celles qui ont porté des bottines, des boucles d’oreilles de Vache-qui-rit

Celles qui disaient « Tu comprends pas »


 

Les filles de 1976 ont trente ans lalalala

Les filles de 1976 ont trente ans lalalala


 

Celles qui disaient « Ah tu crapotes ! »

Celles qui touchaient pas à un pote

Celles qui ont recopié par cœur Puisque tu parles sur un classeur

Celles qui donnaient l’envie pressante d’aller assassiner Hugh Grant

Celles qui disaient « J’ai mon BAFA »


 

Les filles de 1976 ont trente ans lalalala

Les filles de 1976 ont trente ans lalalala


 

Celles qui voulaient jouer au Tarot

Pendant les cours de Sciences éco

Celles qui connaissaient des garçons en IUT Force de Gestion

Celles qui disaient « Bâtiment 3. Franchement j’préfère qu’on s’arrête là »

Celles qui s’appellaient Cindy Gallois… Odile Pontier… Christine Richard… Séverine Carpier… Mathilde Lerut ( !) Mathilde Lerut oui… (long aparté avec des blagues)


 

Les filles de 1976 ont trente ans lalalala

Les filles de 1976 ont trente ans lalalala


 

Celles qui ont vu trois fois Rain Man

Celles qui ont pleuré Balavoine

Égalité des chances


Chanson Nés sous la même étoile de IAMAlbum L’école du micro d’argent (1998)

[Refrain] (x2)

La vie est belle, le destin s’en écarte
Personne ne joue avec les mêmes cartes
Le berceau lève le voile, multiples sont les routes qu’il dévoile
Tant pis, on n’est pas né sous la même étoile


Pourquoi fortune et infortune, pourquoi suis-je né
Les poches vides, pourquoi les siennes sont-elles pleines de thunes
Pourquoi j’ai vu mon père en cyclo partir travailler
Juste avant le sien en trois pièces gris et BMW


La monnaie est une belle femme qui n’épouse pas les pauvres
Sinon pourquoi suis-je là tout seul marié sans dot
Pourquoi pour lui c’est crèche et vacances
Pour moi c’est stade de foot sans cage, sans filet, sans même une ligne blanche


Pourquoi pour lui c’est l’équitation pour moi
Les bastons, pour lui la coke, pour moi les flics en faction
Je dois me débrouiller pour manger certains soirs

Pourquoi lui se gave de saumon sur lit de caviar


Certains naissent dans les choux, d’autres dans la merde
Pourquoi ça pue autour de moi quoi ! Pourquoi tu me cherches ?
Pourquoi chez lui c’est des Noël ensoleillés
Pourquoi chez moi le rêve est évincé par une réalité glacée


Et lui a droit à des études poussées
Pourquoi j’ai pas assez d’argent pour acheter leurs livres et leurs cahiers
Pourquoi j’ai dû stopper les cours
Pourquoi lui n’avait pas de frères à nourrir, pourquoi j’ai dealé chaque jour


Pourquoi quand moi je plonge, lui passe sa thèse
Pourquoi les cages d’acier, les cages dorées agissent à leur aise
Son astre brillait plus que le mien sous la grande étoile
Pourquoi ne suis-je pas né sous la même étoile ?


[Refrain] (x2)


Comme Issa, pourquoi je suis pas né sous la bonne étoile
Veillant sur moi ? Couloir plein de toiles, crachats
Tchatche à deux francs, courbettes des tapettes devant
Supporter de grandir sans un franc, c’est trop destopant


Simplement en culotte courte
Ne pas faire la pelle mécanique plate avec des pots de yaourt
C’est pas grave, je n’en veux à personne, et si mon heure sonne

Je m’en irais comme je suis venu



Adolescent incandescent chiant à tour de bras sur le fruit défend
u
Innocents, témoins de types abattus dans la rue
C’est une enfance ? De la pourriture, ouais
Je ne draguais pas mais virais des tartes aux petites avec les couettes



Pâle de peur devant mon père, ma sœur portait le voile
Je revois, à l’école les gosses qui la croisent, se poilent
C’est rien Léa, si on était moins scrupuleux
Un peu de jeu de feu on serait comme eux



Mais j’ai pleuré pour avoir un job, comme un crevard sans boire
Les « je t’aime » à mes parents, seuls dans mon lit le soir
Chacun son boulet, sans ambition la vie c’est trop long
Écrire des poèmes, pisser violent dans un violon



Tu te fixes sur le wagon, c’est la locomotive que tu manques
C’est pas la couleur, c’est le compte en banque
J’exprime mon avis, même si tout le monde s’en fiche
Je serais pas comme ça si j’avais vu la vie riche



[Refrain]

Escroquerie bancaire

Dans le film Si j’avais un million (1932) réalisé (entre autres) par Ernst Lubitsch, on trouve le portrait d’un petit escroc qui émet des faux chèques, en imitant la signature du propriétaire du chéquier volé :


Extrait de 23’12” à 25’37”


Voir : Malversation financière

 

État (sciences politiques)

« L’État, avec ses lois et ses règlements, plus nombreux que les poils d’un buffle, est un oppresseur vicieux de l’individu. »


Lao Tseu

État (solidarité nationale)

Attendu que beaucoup d’hommes, à la suite d’accidents inévitables, deviennent incapables de subvenir à leurs besoins par leur travail, ils ne doivent pas être abandonnés à la charité des particuliers, mais les lois de la République doivent pourvoir à leurs besoins, dans les limites que requièrent les nécessités naturelles. En effet, tout comme c’est un manque de charité de la part d’un homme de ne prendre aucun soin des invalides, c’en est aussi un de la part du souverain de la République que de les exposer au hasard d’une charité aussi incertaine.

Hobbes, Léviathan, 1651


  1. Qu’est-ce que qui peut rendre les hommes « inaptes à subvenir à leurs besoins par leur travail » ?


  2. Pourquoi Hobbes est-il partisan d’une intervention de l’Etat (la « République ») dans ce cas ?

Euthanasie

[La conversation porte sur une vieille dame de 82 ans]


 

« Ses voisins m’ont appris qu’elle venait de se faire agresser ; on l’avait transportée à l’hôpital, mais elle n’avait que des fractures légères. Je lui ai rendu visite : ses fractures mettraient du temps à se ressouder, bien sûr, mais il n’y avait aucun danger. Une semaine plus tard, quand je suis revenu, elle était morte. J’ai demandé des explications, les médecins ont refusé de m’en donner. Ils l’avaient déjà incinérée ; personne de la famille ne s’était déplacé. […] Patricia était infirmière dans le service où l’on avait transporté la vieille ; elle avait entendu les médecins parler entre eux. Ils n’avaient pas envie de la laisser occuper un lit pendant les mois nécessaires à son rétablissement ; ils disaient que c’était une charge inutile. Alors ils ont décidé de lui administrer un cocktail lytique ; c’est un mélange de tranquillisants fortement dosés qui procure une mort rapide et douce. Ils en ont discuté deux minutes, pas plus ; puis le chef de service est venu demander à Patricia d’effectuer l’injection. Elle l’a fait, la nuit même. C’est la première fois qu’elle pratiquait une euthanasie ; mais cela arrive fréquemment à ses collègues. Elle est morte très vite, dans son sommeil. Depuis, Patricia n’arrivait plus à dormir ; elle rêvait de la vieille.

Qu’est-ce que tu as fait ?

Je suis allé à l’archevêché ; ils étaient au courant. Dans cet hôpital, apparemment, on pratique beaucoup d’euthanasies. Il n’y a jamais eu de plaintes ; de toute façon, jusqu’à présent, tous les procès se sont terminés par des acquittements. »

Michel Houellebecq, Extension du domaine de la lutte (1994)

J’ai lu, pp138-139


Exclusion sociale

Il ne s’agit évidemment pas, dans l’extrait ci-dessous, de l’actrice Brigitte Bardot, mais d’un personnage de fiction sans rapport aucun avec la célèbre actrice.


Au moment où je l’ai connue, dans l’épanouissement de ses dix-sept ans, Brigitte Bardot était vraiment immonde. D’abord elle était très grosse, un boudin et même un surboudin, avec divers bourrelets disgracieusement disposés aux intersections de son corps obèse. Mais eût-elle même suivi pendant vingt-cinq ans un régime amaigrissant de la plus terrifiante sévérité que son sort n’en eût pas été notablement adouci. Car sa peau était rougeâtre, grumeleuse et boutonneuse. Et sa face était large, plate et ronde, avec de petits yeux enfoncés, des cheveux rares et ternes. Vraiment la comparaison avec une truie s’imposait à tous, de manière inévitable et naturelle.

Elle n’avait pas d’amies, ni évidemment d’amis ; elle était donc parfaitement seule. Personne ne lui adressait la parole, même pour un exercice de physique ; on préférait toujours s’adresser à quelqu’un d’autre. Elle venait en cours, puis elle rentrait chez elle ; jamais je n’ai entendu dire que quelqu’un l’ait vue autrement qu’au lycée.

En cours, certains s’asseyaient à côté d’elle ; ils s’étaient habitués à sa présence massive. Ils ne la voyaient pas et ne se moquaient pas d’elle, non plus. Elle ne participait pas aux discussions en cours de philosophie ; elle ne participait à rien du tout. Sur la planète Mars elle n’aurait pas été plus tranquille.

Michel Houellebecq, Extension du domaine de la lutte (1994) J’ai lu, pp77



« A une époque remontant à plusieurs siècles, une bagarre s’étant engagée entre les Cagots de Saint-Pié et quelques habitants de Lourdes, ceux-ci furent massacrés. Leurs têtes séparées des troncs servirent pour jouer aux quilles. A la suite de ces actes de férocité, les Cagots auraient été condamnés à ne plus marcher que sous les gouttières dans Lourdes, d’arriver en ville après le lever du soleil, d’en sortir avant son coucher sous peine de se laisser couper deux onces de chair sur toute la longueur de l’épine dorsale » (F. Michel 1847).

Mais les habitants de Saint-Pé, durant le XIXème siècle, justifiaient encore par ce crime que certaines familles fussent rejetées du village et contraintes de vivre dans un hameau construit et habité par des Cagots.

Ce nom désignait des marginaux du sud-ouest de la France. L’histoire des Cagots, appellés les parias de l’Occident et comparés aux intouchables (parias de l’Inde), est extraordinaire : dans les anciennes légendes, ils sont décrits comme ayant des oreilles dépourvues de lobes, pourvus d’une patte de canard sous l’aisselle gauche et, à l’instar des lépreux, enclins à la luxure, orgueilleux, avides, susceptibles, arrogants, colériques. Rejetés par la société, ils entraient dans l’église par une petite porte, avaient un bénitier spécial, étaient enterrés dans une partie isolée du cimetière.

Aujourd’hui, il faut considérer l’histoire de cette exclusion comme un exemple d’organisation sociale durable qui repose sur l’exclusion et l’oppression morale d’une minorité déterminée par ses origines.

D’après Paola Antolini, Au-delà de la rivière,

« Essais et recherches », Nathan Université, 1991



On pourra aussi regarder avec profit Los Olvidados (1950) de Buñuel Luis, sur la situation désastreuse des gamins des rues dans le Mexico misérable de la fin des années 1940.

Voir aussi : Oppression ; Ségrégation ; Apartheid ; Institution totale

Exploitation

Chanson Y en a qui… de Yves Jamait – Album De verre en vers (2003)


Le matin, quand je me réveille,
J’ai du mal à quitter Morphée
Pour aller justifier la paye
Que mon patron peut s’octroyer.
Ça n’est pas vraiment que je tienne.
À continuer de l’engraisser
Mais aussi petite soit la mienne (de paye)
J’en ai besoin pour bouffer
Je fais des trous dans ma ceinture
Un par jour pour mieux gérer
Le minimum que cette enflure
Se croit obligé d’me céder


Y en a qui s’ront jamais dans la merde
Y en a qu’auront jamais d’problèmes
Et ce sont souvent ceux-là même
Qui nous dirigent et qui nous gouvernent


Je le croise devant l’usine
Dans sa belle BMW
Dans sa Porsche ou bien son Alpine
Suivant ce qui l’a motivé
Moi je gare mon vélo
Depuis qu’ils ont décidé
Afin de relancer l’marché d’l’auto
D’interdire aux poubelles de rouler
Il a les fringues toujours impec’
Les mains propres et jamais tachées
Moi, mes paluches, je bosse avec
Et mes neurones sont élimés

Y en a qui s’ront jamais dans la merde
Y en a qu’auront jamais d’problèmes
Et souvent ce sont ceux-là même
Qui nous dirigent et qui nous gouvernent
[…]

 


 

 

Voir aussi : Bourgeoisie ; Conscience de classe ; Marxisme

Extension du domaine de la marchandise (Marx)

Une grande partie du film Même la pluie (2010) d’Icíar Bollaín illustre ce concept marxien autour du thème de l’accès à l’eau en Bolivie. Il pose notamment le problème de la définition de son statut juridique (bien commun ou simple marchandise ?) et met en scène les luttes en Amérique Latine autour de cette question.

Bande annonce :



Chanson 8 secondes des Cow-boys fringants – Album La Grand-Messe (2004)


Toutes les huit secondes
Un enfant crève au tiers-monde
Parce qu’y a pas accès à l’eau
On dit que dans son pays chaud
C’est le soleil qui assèche les ruisseaux


Quand on sait qu’une toute petite fraction
De tous ces budgets militaires à la con
Pourraient abreuver les humains
Leur assurer un lendemain
Mais l’Occident s’en lave encore les mains


Alors que toutes les huit secondes
Se génèrent des profits immondes
Chez les grandes multinationales
Qui croient que l’droit fondamental
D’accès à l’eau doit devenir commercial


Aujourd’hui la source est cotée en bourse
Et on se câlice ben d’la ressource
On nous dit qu’c’est inépuisable
Pas besoin de gestion viable
Y’a un signe de piastre au bout de l’eau potable

Pendant qu’les rivières coulent à flots
Certains font de l’argent comme de l’eau
Sans se soucier des écosystèmes
C’est ben plate à dire mais ça a l’air
Qu’c’est ça l’noeud du problème !
Hey !


Toutes les huit secondes
Un nouveau cancer qui nous ronge
Eau qui devient marchandise
Aqueducs qu’on privatise
Et gouvernements complices qui improvisent


À Montréal dans les souterrains
Ils pompent l’eau qui nous appartient
Payent des peanuts pour le produit
Et comme ils ont le monopole
Font plus de profits que les compagnies d’pétrole


Toutes les huit secondes
Je ressens un peu plus de honte
Face à cette surexploitation
Et à cette triste destruction
D’la nature pour la consommation


On nous met devant des faits accomplis
Ils jouent la terre au Monopoly
Et quand ils se s’ront approprié
Les nuages, les oiseaux, les glaciers
P’t’être qu’y en auront assez


Pendant qu’les rivières coulent à flots
Certains font de l’argent comme de l’eau
Sans se soucier des écosystèmes
C’est ben plate à dire mais ça a l’air
Qu’c’est ça l’noeud du problème !
Hey !


Quand il ne restera que huit secondes
Avant la fin de ce monde
On r’pensera au genre humain
Qui à cause de l’appât du gain
Aura amené la planète au bord du ravin
Quand il ne restera que huit secondes…


Toutes les huit secondes
Encore plus de colère qui monte
Quand je vois mon grand pays d’eau
Être mis à sac par des salauds
Qui s’foutent d’la vie assis dans leur tour à bureaux


Dans ce Québec de forêts et d’or bleu
Ces richesses doivent devenir des enjeux
Bottons les fesses des décideurs
Et devenons des précurseurs
Citoyens ! L’avenir commence à st’heure !!


Voir aussi : Libéralisme sexuel ; Privatisation